

La personne qui désire faire u caténacciu est quelqu'un qui à un moment donné de sa vie désire souffrir d'une manière personnelle, et par extension d'une manière communautaire.
L'inscription se fait auprès de l'archiprêtre et l'attente peut durer de nombreuses années tant les candidats pè u catenacciu sont nombreux.
Seul le curé de sartène connaît l'identité des pénitents dont l'anonymat est préservé par une cagoule.
3 jours avant l'épreuve, u catenacciu a étè conduit dans le plus grand secret, vers la petite cellule du couvent San Damianu. Il va rester enfermè, seul.
Il priera et se préparera à l'épreuve.
Jusqu'en 1965, le lit au sommier métallique était très bas. Aujourd'hui, c'est "un lit normal".
Les murs de la chambre sont ornés d'images pieuses. Il y a un lavabo et une petite table sur laquelle est posé un crucifix. Quelques livres : la biblia sacra, la bible à la lumière de l'archéologie, la passion du christ selon la chirurgie du docteur barbet.
Naguère, on y trouvait l'explication des épitres selon saint paul, l'édition de 1646 des sentenze di st antonia di pavova et la reggia oratoria éditée en 1757…
Il ne communique plus avec l'extèrieur, et il n'a vue que par deux fenêtres étroites, l'une donnant sur Bonifacio, l'autre sur la vallée du rizzanese.
La porte de la cellule ne s'ouvre que pour laisser pénétrer le frère franciscain avec son frugal repas, ou le prédicateur, également franciscain qui le prépare par la priére et le recueillement, afin qu'il puisse "descendre au fond de lui même" et "se pénétrer du calme divin".
Le vendredi soir, à 20h 30, une voiture viendra prendre u catenacciu, et le pénitent blanc, elle les conduira jusqu'à santa maria.
Silencieux, habillé et ganté de rouge, le visage caché par une cagoule percée de 2 trous, u catenacciu s'agenouille au pied de l'autel, on lui met les lourdes chaînes au pied.
Une croix épaisse et lourde est posée sur l'autel : c'est sa croix.
A 21 heures, la cérémonie a commencè ! Les pénitents sortent de l'église, pieds nus et visages couverts, suivis de quatre pénitents noirs portant le dais et de quatre autres portant le christ nu dans un linceul. (les pénitents noirs symbolisent les juifs).
Tous les regards sont fixés sur l'homme rouge.
Derrière eux, et sur leur passage, la foule murmurera des prières et des
"Perdono, mio Dio
Mio dio perdono
Perdono mio Dio
Perdono è Pietà
..."
Sur un parcours de 1,8 km, dont un tiers dans les ruelles encores pavées de la vieille ville, u catenacciu tombera trois fois.
De retour, place Porta après la bénediction, il regagnera le couvent, d'où il s'éclipsera, meurtri mais heureux, l'âme sereine, en paix avec sa conscience.

Copyright dépot numero 00035006 en date du 25.11.2003