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MAURICE CHOURY

 

Emma, la soeur de Danielle Casanova épouse le 26 juin 1936, Maurice Choury, l'un des dirigeants du Mouvement de la Jeunesse communiste.

Maurice Choury est né le 9 janvier 1912 à Nanterre.

Bien avant la seconde guerre mondiale, il est déjà un militant actif du Parti Communiste: il dirige pendant six ans le journal "l'Avant Garde" avant de devenir rédacteur politique à l'Humanité.

Par son mariage avec Emma Perini, fille d'enseignants d'Ajaccio... et sœur de Danièle Casanova martyre nationale de la Résistance à l'occupant hitlérien ; il noue des liens affectifs avec la Corse.

Il y rejoint sa famille à la fin de l'année 1942, alors que les Italiens ont déjà débarqué et que la résistance s'organise.

Au printemps 1943, lorsqu'à la « conférence de Porri de Casinca », le Front National se donne une structure plus efficace, M Choury devient membre du Comité Départemental du mouvement et assume dès lors la responsabilité politique et militaire de la zone sud pour les arrondissements d'Ajaccio et de Sartène.

Son expérience politique et son sens de l'organisation contribuent à renforcer l'action clandestine des patriotes.
C'est lui qui rédige la plupart des tracts, des proclamations et des lettres ouvertes qui font mieux connaître le sens du combat qui est engagé contre l'occupant. En particulier il s'efforce de faire comprendre à nombre de résistants que leur lutte doit être dirigée contre le régime hitlérien et mussolinien, mais qu'elle ne doit point être soutenue par un sentiment de haine à l'égard des Italiens en tant que peuple car ces «Lucchesi» que les Corses sont portés à mépriser et à haïr sont eux-mêmes des victimes. De là ces appels adressés par le Front National aux soldats de l'armée du Roi pour qu'ils se dressent contre le fascisme.

Lorsque le 29 mai à Ajaccio, le cheminot Louis Frediani est abattu par une sentinelle de l'armée italienne. Maurice Choury en compagnie de Jean Nicoli prépare la riposte qui prend la forme le jour des obsèques d'un impressionnant cortège de deux mille personnes défilant derrière une couronne portant ces mots: « Le Front National à son regretté camarade. » C'est lui qui rédige et qui fait diffuser les lettres adressées en ces circonstances au maire collaborateur Dominique Paoli et au préfet vichyssois Halley pour les mettre devant leurs responsabilités. Maurice Choury, durant cette période ne quitte guère Ajaccio où il agit dans la clandestinité.

Il rédige les arrêtés consacrant l'insurrection qui seront contresignés par le préfet Pelletier. Il participe enfin à la récupération et à la répartition d'un important matériel qui permettra l'installation de quatre imprimeries qui serviront à l'impression de tracts, de circulaires et à l'édition ajaccienne du Patriote.

Conformément à la stratégie prévue par le Comité départemental en cas de capitulation italienne, il rédige l'ordre d'insurrection que le comité d'arrondissement d'Ajaccio diffuse dans la région, envoie à Sartène et communique à la direction de la zone nord. Il annonce à la foule réunie devant l'hôtel de ville la constitution du conseil de préfecture. Il organise l'élection d'un nouveau conseil municipal dont fait partie pour la première fois dans l'histoire de la République, une femme, Renée Pagés, dirigeante des comités populaires de femmes dans la clandestinité. Il réquisitionne les locaux de La Dépèche de la Corse et y installe Le Patriote.

Le rôle qu'il joua durant cette période de l'histoire de l'île n'aura pas été pour lui une simple parenthèse. Acteur, mais aussi témoin de la résistance dans ce département, il rendra hommage à ses camarades de combat en écrivant quelques années plus tard (1956) son ouvrage « Tous bandits d'honneur ».