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Charles Bonafedi

 

 

Raflé par les carabiniers le 6 juillet 1943, le jeune Bonafedi (il a dix-sept) est déporté en Autriche dans le camp de Wolsberg.

 

le 25 août 1944 il écrit à ses parents ::

“Mes très chers parents,

Je vous écris à tout hasard car je ne sais si ma lettre vous parviendra. Enfin, vous saurez qu’avant de partir j’ai pensé à vous.
Demain à une heure de l’après-midi, je pars... Ici une ressource s’offre à moi: ne pouvant combattre aux côtés des Français, je vais rejoindre les patriotes slaves.
Si vous restez longtemps sans nouvelle de moi ne désespérez pas car s’il m’arrivait malheur vous seriez prévenus: mais si cela arrivait ne me pleurez pas, je serais mort en tâchant de faire mon devoir.
J’ai vu, Papa, les sacrifices que tu as consentis pour m’envoyer à l’école.
Si je vais combattre c’est pour que d’autres papas n’aient pas besoin de se saigner pour élever leurs enfants. C’est pour que tout le monde travaille dans un monde de paix et de prospérité. Si je tombe, d’autres resteront et finiront notre oeuvre.
Maman, ne te fais pas de mauvais sang. Ton fils, vois-tu, va lutter pour que les futures mamans n’aient plus peur pour leur gosse. Sois courageuse comme j’essaie de l’être en ce moment: je ne veux pas pleurer, non, c’est mon devoir que je vais faire.
Paulo, toi mon frère, n’abandonne pas papa et maman. Console maman surtout. Tâche de lui faire comprendre que je devais faire cela.
Embrasse tous nos parents et saluez tous les camarades et les voisins.
J’ai le ferme espoir de retourner et alors nous pourrons faire la fête.
Courage à tous!
Si vous recevez la nouvelle de ma mort, plantez une croix à côté de la tombe de Jules MONDOLONI.”


1945, c'est la fin de la guerre.

Le 2 mars 1945, à coups de notes lentes et tristes, le glas annonçat la mort de Charles Bonafedi et endeuilla, le village de Petreto-Bicchisano et ses hameaux alentour. La dernière volonté du jeune combattant de la liberté pouvait maintenant être exaucée.

On planta une croix à côté du mausolée de Jules Mondoloni, grand résistant abattu par les fascistes à Ajaccio.

Aujourd'hui, la croix est encore là. La sépulture est toujours vide. Évadé du camp J de Wolfsberg en Autriche, Charles Bonafedi avait rejoint les patriotes de Tito en Yougoslavie. Il mourut au combat le 2 mars 1945.

Depuis, sa dépouille repose à l'orée d'un bois, juste au dessus de la ville de Lasce, en Slovénie.